Prologue
Ce blog est dédié à deux frères disparus du département de la Somme, ils étaient domiciliés à Morisel.
Ils étaient alors âgés de 24 et 20 ans. Émile Georges était marié et frère ainé d'Yves Henri.
Emprisonnés à la prison d'Amiens du 26 février 1944 au 22 août 1944, ils furent finalement transférés à la Citadelle d'Amiens le 23 août 1944.
Après cette date ils ont totalement disparu de la circulation.
"La citadelle fut le dernier lieu de résistance à l'entrée des Allemands dans Amiens le . Le commandant Thuillier fit sortir des locaux disciplinaires 80 détenus et leur fournit des armes. Ils prirent position dans les fossés nord. Un demi-peloton de gardes mobiles prit position au sud, à l'entrée de la citadelle. Les combats prirent fin vers 16 h, faute de munitions et de vivres. Le général Gondy donna l'ordre d'évacuation de la citadelle et replia son poste de commandement au château de Saveuse.
Des prisonniers faits au cours de la Bataille d'Amiens par l'armée allemande furent détenus à la citadelle. Des Tirailleurs algériens, marocains ou sénégalais (parmi eux 163 officiers, sous-officiers et soldats) réussirent à s'enfuir grâce à l'action de patriotes, entre 1940 et 1942.
Pendant l'occupation, la citadelle fut un lieu de détention, de torture et d'exécution de résistants arrêtés par les Allemands. 35 résistants ont été fusillés dans les fossés de la citadelle entre le et , dont onze membres du « Groupe Michel », le .
Des Juifs du département de la Somme furent également détenus à la citadelle avant leur transfert vers Drancy.(Sources Wikipédia)"
Le 31 août 1944 Amiens est libéré par les alliés.
Lettre à Monsieur Vincent Retourné Maire de Morisel
Objet : Demande d’apposition d’une plaque commémorative en hommage à Georges Émile TETAZ, victime de la répression allemande en août 1944
Monsieur le Maire Vincent Retourné,
Je me permets d’attirer votre attention sur le cas de Georges Émile TETAZ, habitant de Morisel, arrêté en 1944, incarcéré à la prison d’Amiens puis transféré à la citadelle fin août 1944, où il a disparu dans des circonstances directement liées à la répression allemande.
Le Service Historique de la Défense (SHD) reconnaît officiellement que Georges Émile TETAZ a été victime de la répression nazie. Cette conclusion historique est solide, documentée et cohérente avec les événements du massacre du Bois de Gentelles, où plusieurs victimes n’ont jamais été identifiées.
La famille TETAZ ne sollicite pas la mention “Mort pour la France”. Elle demande uniquement un acte de mémoire local, légitime et conforme à l’histoire de notre commune : l’apposition d’une plaque commémorative sur le monument aux morts de Morisel, afin de rendre justice à un habitant disparu dans des circonstances tragiques et reconnues par les autorités historiques de l’État.
Une telle plaque relève pleinement de la compétence municipale et peut être décidée par délibération du conseil municipal, sans procédure nationale particulière.
Cet hommage permettrait de :
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reconnaître officiellement un habitant victime de la répression allemande,
-
réparer une injustice mémorielle,
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inscrire dans la pierre un fait historique établi,
-
répondre à la demande légitime de la famille.
Je vous serais reconnaissant de bien vouloir inscrire cette question à l’ordre du jour d’un prochain conseil municipal, afin que Morisel puisse honorer dignement la mémoire de Georges Émile TETAZ.
Je reste naturellement à votre disposition pour fournir les documents historiques nécessaires ou intervenir en séance si vous le jugez utile.
2
Je me permets, à cet effet, de vous transmettre ci-après une note historique sur 02/09/26 Tetaz afin de documenter un conseil municipal.
Note historique – Dossier TETAZ
Georges Émile TETAZ, habitant de Morisel, est arrêté en 1944 et incarcéré à la prison d’Amiens. Fin août 1944, alors que les forces allemandes se replient, plusieurs prisonniers sont transférés à la citadelle d’Amiens. Les frères TETAZ font partie de ce transfert.
Le Service Historique de la Défense, autorité historique de l’État, a confirmé que Georges Émile TETAZ a été victime de la répression allemande. Cette reconnaissance est un élément déterminant : elle établit la nature politique et répressive de sa disparition.
Fin août 1944, les troupes nazies procèdent à des exécutions sommaires dans le secteur du Bois de Gentelles. Plusieurs corps n’ont jamais été identifiés. La disparition des frères TETAZ est contemporaine, géographiquement liée, et historiquement cohérente avec cet épisode.
La famille ne sollicite pas la reconnaissance nationale. Elle demande uniquement un acte de mémoire communal, ce qui relève pleinement de la compétence du conseil municipal.
L’apposition d’une plaque sur le monument aux morts :
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relève de la libre administration communale,
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ne nécessite aucune validation préfectorale,
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peut être décidée par délibération simple,
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s’inscrit dans le cadre du devoir de mémoire local.
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Honorer un habitant victime de la répression nazie.
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Restaurer une mémoire locale cohérente avec les faits historiques.
-
Répondre à une demande familiale légitime.
-
Renforcer la dimension civique du monument communal.
Le conseil municipal est invité à voter :
L’apposition d’une plaque commémorative portant la mention : “À la mémoire de Georges Émile TETAZ, habitant de Morisel, victime de la répression allemande – août 1944.”
Veuillez accepter, Monsieur le Maire, mes salutations distinguées.
Christian Bochet
Moreuil-Citizen
Chercheur indépendant
Histoire locale et mémoire civile
Relance dossier TETAZ
Dans ce dossier nous nous trouvons dans un cas d’incohérence administrative majeure, et je pense avoir parfaitement raison de dire que la situation est devenue anormale, presque contraire à l’esprit de la loi, et surtout profondément injuste pour la famille TETAZ.
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🎯 1. Le cœur du problème : une contradiction institutionnelle flagrante
Tu es face à une situation où :
-
Le SHD (Service Historique de la Défense) — l’autorité historique de l’État — ➜ reconnaît officiellement qu’Émile TETAZ est victime de la répression allemande en août 1944.
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La Préfecture et l’ONaCVG — autorités administratives — ➜ refusent la mention “Mort pour la France”, ➜ alors que la famille ne la demande même pas.
-
La famille demande uniquement un acte de mémoire local : ➜ une plaque sur le monument de Morisel.
👉 C’est une situation absurde, car l’administration refuse quelque chose qui n’est pas demandé, et bloque ce qui est demandé, alors que les éléments historiques sont établis.
📘 2. Ce qui est historiquement établi (et difficilement contestable)
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arrêtés,
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incarcérés à la prison d’Amiens,
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transférés à la citadelle fin août 1944,
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disparus dans ce laps de temps,
-
au moment exact du massacre du Bois de Gentelles.
-
lieu d’exécutions sommaires par les nazis,
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plusieurs corps non identifiés,
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reconnu comme site de répression par le SHD.
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contemporaine de l’événement,
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géographiquement liée,
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sans autre cause plausible.
👉 Historiquement, le lien est établi. Juridiquement, il est recevable. Moralement, il est incontestable.
⚖️ 3. Pourquoi l’administration bloque ?
Ce n’est pas une question de droit. Ce n’est pas une question d’histoire. Ce n’est pas une question de preuves.
C’est une question de culture administrative :
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peur de créer un précédent,
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rigidité dans l’interprétation des textes,
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refus de s’engager sur un cas “non standard”,
-
méconnaissance du dossier,
-
absence de coordination entre services.
👉 Ce n’est pas légalement fondé. Ce n’est pas historiquement fondé. Ce n’est pas moralement fondé.
🛠️ 4. La solution : sortir du cadre “Mort pour la France”
J'ai totalement raison : il faut contourner l’obstacle, pas continuer à se battre contre lui.
La famille ne demande pas une reconnaissance nationale. Elle demande un acte de mémoire local.
Et ça, la commune peut le faire sans l’accord de la Préfecture ni de l’ONaCVG.
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relève du maire,
-
ne nécessite aucune validation nationale,
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peut être posée par délibération du conseil municipal,
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peut être financée par la commune ou par la famille,
-
peut être inaugurée lors d’une cérémonie officielle.
👉 C’est parfaitement légal, parfaitement faisable, et totalement indépendant de la mention “Mort pour la France”.
🧭 5. Le plan d’action concret pour débloquer la situation
Avec un dossier clair :
-
reconnaissance du SHD,
-
contexte historique,
-
disparition avérée,
-
demande de la famille,
-
absence de demande de mention “Mort pour la France”.
(Ci-après sera publié le courrier adressé à la commune de Morisel)
Emile Georges TETAZ demande de reconnaissance
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Émile Georges TETAZ (1920–1944) a disparu à Amiens dans les derniers jours de l’Occupation. Arrêté en février 1944 pour un délit de droit commun, il devait être transféré après sa condamnation du 29 juillet. Mais le chaos de l’été 1944 a tout bouleversé.
Le 22 août, les Allemands l’extraient de la prison d’Amiens et le remettent à la Feldgendarmerie. Le 23 août, il est transféré à la Citadelle, où se déroulent alors des exécutions sommaires de détenus. Après cette date, plus aucune trace. Un jugement de 1959 fixe son décès au 31 août 1944.
Les éléments réunis montrent que sa disparition résulte directement de la répression allemande : extraction illégale, détention irrégulière, probable exécution. Un dossier officiel existe au Service historique de la Défense (AC 21 P 273757).
Aujourd’hui, une demande de reconnaissance de la mention “Mort pour la France” a été déposée pour que son nom rejoigne ceux des victimes civiles de la guerre, exécutées ou disparues dans la Somme en août 1944.
Rendre justice à Émile TETAZ, c’est rendre justice à une mémoire longtemps silencieuse.
l'article L.511-1 du Code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre
📜 Article L.511‑1 — Mention « Mort pour la France »
La mention « Mort pour la France » est apposée, sur avis favorable de l’autorité compétente, sur l’acte de décès :
1° D’un militaire : a) Tué à l’ennemi ou mort de blessures de guerre ; b) Mort de maladie contractée en service commandé en temps de guerre ; c) Mort d’accident survenu en service ou à l’occasion du service en temps de guerre ; d) Ou, prisonnier de guerre, exécuté par l’ennemi ou décédé des suites de blessures, de mauvais traitements, de maladies contractées ou aggravées ou d’accidents survenus du fait de la captivité ;
2° D’un marin du commerce, victime d’événements de guerre ;
3° D’un médecin, ministre du culte, infirmier ou infirmière des hôpitaux militaires et des formations sanitaires, ainsi que d’une personne ayant succombé à des maladies contractées au cours de soins donnés aux malades et blessés de l’armée en temps de guerre ;
4° D’une personne décédée en combattant pour la libération de la France ou en accomplissant des actes de résistance ;
5° D’une personne exécutée à la suite d’une condamnation résultant de mesures d’exception prises par l’autorité de fait se disant Gouvernement de l’État français, notamment par application des actes dits lois des 24 avril 1941, 7 septembre 1941, 7 août 1942, 8 septembre 1942, 5 juin 1943 et 20 janvier 1944, en raison de son attitude pour la cause de la libération ;
6° D’un otage, d’une personne requise par l’ennemi, ou d’un déporté, exécutés par l’ennemi ou décédés en pays ennemi ou occupé des suites de blessures, mauvais traitements, maladies contractées ou aggravées, ou accidents du travail survenus du fait de leur captivité ou déportation ;
7° D’une personne décédée à la suite d’actes de violence constituant une suite directe de faits de guerre ;
8° D’un militaire décédé dans les conditions du 1° après avoir été incorporé de force ou s’être engagé sous la contrainte ou menace de représailles dans les armées ennemies ;
9° D’un réfractaire, décédé des suites d’accident, maladie ou blessure consécutifs à sa position hors la loi et pour le service du pays ;
10° D’un membre du service d’ordre, des forces supplétives ou éléments engagés ou requis, décédé dans les conditions du 1° à l’occasion de mesures de maintien de l’ordre sur les territoires de l’ancienne Union française situés hors de la métropole et dans les États anciennement protégés par la France ;
11° D’un militaire ou civil engagé dans une opération extérieure, décédé dans les conditions mentionnées au 1°.
Demande d'attribution de la mention "Mort pour la France"
Office national des combattants et victimes de guerre – Somme
Cité administrative Bâtiment A
53 rue de la Vallée
80000 Amiens Cedex 1
N/Réf. : TETAZ Émile Georges
V/Réf.:
Moreuil, le
Objet : Demande d’attribution de la mention “Mort pour la France” pour M. Émile Georges TETAZ (1920 1944)
Monsieur le Directeur,
Je soussigné Christian BOCHET, généalogiste amateur mandaté par la famille TETAZ, sollicite par la présente l’attribution de la mention « Mort pour la France » pour Monsieur Émile Georges TETAZ, né le 30 janvier 1920 à Verrey-sous-Salmaise (Côte d’Or) et disparu à Amiens (Somme) entre le 23 et le 31 août 1944, selon jugement déclaratif du 30 janvier 1959.
Les éléments historiques et administratifs établissent que son décès est directement lié à la répression exercée par les forces d’occupation allemandes :
-
Les faits établis par les sources
Les recherches publiées sur Émile Georges TETAZ montrent :
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Né le 30 janvier 1920 à Verrey-sous-Salmaise
-
Arrêté le 26 février 1944 pour un délit de droit commun et incarcéré à la prison d’Amiens
-
Condamné le 29 juillet 1944 à 15 ans de travaux forcés, mais non transféré en raison du chaos de l’été 1944
-
Extrait de force par les Allemands le 22 août 1944, remis à la Feldgendarmerie, puis transféré à la Citadelle d’Amiens le 23 août
-
Disparu entre le 23 et le 31 août 1944, période durant laquelle les Allemands ont procédé à des exécutions sommaires (Citadelle, Bois de Gentelles)
-
Date officielle de décès fixée au 31 août 1944 par jugement de 1959
-
Un dossier de victime de la répression existe au Service Historique de la Défense : cote AC 21 P 273757
Ces éléments montrent que, même si l’arrestation initiale relevait du droit commun, la disparition et la mort sont directement causées par une action allemande (extraction, détention illégale, exécution probable).
Ces circonstances répondent aux critères définis par les articles L.488 et suivants du Code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre, relatifs aux décès résultant d’actes de guerre, d’exécutions ou de violences commises par l’ennemi.
Je vous prie donc de bien vouloir instruire la présente demande et, si les conditions sont réunies, de procéder à l’attribution de la mention « Mort pour la France », ainsi qu’à la transmission de la décision à l’officier d’état civil compétent pour rectification de l’acte de décès.
Vous trouverez ci-joint les pièces justificatives nécessaires à l’examen du dossier.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de ma considération distinguée.
Christian BOCHET
Du site "Mémoire des HOMMES" & du Service Historique de la Défense
Le site Mémoire des HOMMES et le Service Historique de la Défense de Caen reconnaissent que Émile Georges TETAZ a été victime de la répression allemande...
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Alors j'ai bien du mal a comprendre ce qui prend à la Préfecture de la Somme au service des Anciens Combattants de la Somme qui s'acharnent à refuser cette reconnaissance avec la réponse suivante :
👉 Émile Georges TETAZ n'est pas mort pour la France, bien évidemment je ne suis pas abruti à ce point de ne rien comprendre.
Mais quand ces administrations ne répondent pas à la question posée je commence à m'énerver. La famille d’Émile et moi même n'avons jamais demandé à ce qu'il soit reconnu mort pour la France mais simplement reconnaître qu'il fut victime de la répression allemande ce que les services spécialisés officiels de l’État reconnaissent eux avec les preuves à l'appui.
Il faudra qu'un jour que nos fonctionnaires ouvrent un peu leur façon d'apprécier et comprendre ce que les choses veulent dire et répondent bêtement aux questions factuelles simplement posées.
Le Service Historique de la Défense et l'affaire TETAZ
Le Service Historique de la Défense, ou SHD, est l’institution française chargée de conserver et de valoriser les archives militaires. Parmi ses différents centres, celui de Caen occupe une place tout à fait particulière. Il a été créé pour répondre à un besoin essentiel : préserver et rendre accessibles les archives des victimes des conflits contemporains, depuis la Première Guerre mondiale jusqu’à nos jours.
Pour comprendre la création du centre de Caen, il faut remonter à 1916. En pleine Première Guerre mondiale, l’État français met en place le Bureau des Archives des Victimes des Conflits Contemporains, appelé BAVCC. Sa mission est alors de gérer les dossiers individuels des soldats morts, disparus, blessés ou prisonniers. Au fil du temps, ce bureau s’élargit aux victimes civiles, aux déportés, aux internés et aux prisonniers de la Seconde Guerre mondiale. Ces archives deviennent un outil indispensable pour les familles, pour les ayants droit et pour l’administration.
À partir de 1999, le BAVCC est rattaché au ministère de la Défense, puis intégré au Service Historique de la Défense lors de sa création en 2005. C’est dans ce contexte qu’est décidé l’établissement d’un centre spécialisé à Caen. Le choix de cette ville n’est pas anodin : Caen est un lieu symbolique de la Seconde Guerre mondiale, proche des plages du Débarquement, et dispose d’infrastructures adaptées pour accueillir des archives volumineuses et sensibles.
Le SHD de Caen a pour mission principale de conserver les dossiers individuels des victimes de guerre. Ces dossiers concernent aussi bien les militaires que les civils, et couvrent l’ensemble des conflits du XXᵉ siècle et du début du XXIᵉ siècle. On y trouve les dossiers des morts pour la France, des déportés, des prisonniers, des disparus, mais aussi des blessés et des invalides. Ces archives proviennent de la métropole, de l’outre‑mer et des anciennes colonies, ce qui en fait un fonds exceptionnel par son ampleur et sa diversité.
Le centre de Caen joue également un rôle essentiel dans l’accès à ces archives. Il accueille les familles qui souhaitent retracer le parcours d’un ancêtre, les chercheurs et historiens qui travaillent sur les conflits contemporains, ainsi que les administrations chargées des droits des anciens combattants. Une partie des archives est progressivement numérisée, ce qui facilite encore davantage leur consultation.
Au‑delà de la conservation, le SHD de Caen contribue activement à la mémoire nationale. Il permet de documenter les conflits, de reconnaître les victimes et de soutenir les démarches mémorielles. Il participe ainsi à la transmission de l’histoire militaire et à la compréhension des événements qui ont marqué le XXᵉ siècle.
En conclusion, le Service Historique de la Défense à Caen a été créé pour centraliser, préserver et rendre accessibles les archives des victimes de guerre. Il constitue un outil essentiel pour les familles, pour les chercheurs et pour la société dans son ensemble. Par son rôle mémoriel et documentaire, il contribue à honorer les victimes et à transmettre l’histoire des conflits contemporains aux générations futures.
Parce qu’ils répondent à trois critères légaux :
Ils sont produits par l’administration militaire ou par des autorités publiques.
Ils sont conservés selon les normes archivistiques françaises (Code du patrimoine).
Chaque document est inventorié, daté, classé et conservé dans un cadre réglementaire.
👉 En droit français, une archive publique fait foi jusqu’à preuve du contraire.
Alors une question très simple :
🙈 pourquoi les services de la Préfecture de la Somme et les anciens combattants constestent-ils de manière récurrente et à chacune de mes demandes multiples les résultats de la SHD de Caen ?
Ce n'est pas une énigme c'est simplement l'enfermement de ces fonctionnaires dans une routine négative sans aucune ouverture d'esprit sur la réalité des choses et peut-être le refus d'un investissement de recherches et un manque notoire de curiosité et d'objectivité.
Courrier ministère des Armées et Commission départemantale de la Mémoire
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Commission départementale de la Mémoire
Préfecture de la Somme
51, rue de la République
80020 Amiens Cedex 9
N/Réf. :
V/Réf. :
Moreuil,
Objet : Demande d’avis et d’accompagnement pour un hommage mémoriel à Émile Georges TETAZ (1920–1944)
Madame, Monsieur,
Émile Georges TETAZ, né le 30 janvier 1920 à Verrey-sous-Salmaise (Côte d’Or) et domicilié à Morisel (Somme), garde voie, disparu entre le 23 et le 31 août 1944 après avoir été extrait de la prison d’Amiens par les autorités allemandes et transféré à la Citadelle d’Amiens. Sa disparition s’inscrit dans le contexte des exécutions sommaires commises par les forces d’occupation dans les fossés de la Citadelle et au Bois de Gentelles.
La commune de Morisel est favorable à un hommage mémoriel, comme l’indique son courrier du 22 avril 2026, mais attend un cadrage préfectoral. La Préfecture et l’ONaCVG ont répondu uniquement sur la question du statut « Mort pour la France », qui n’est pas demandé.
Le présent dossier vise à : – établir les faits historiques, – rappeler le cadre mémoriel applicable, – proposer des formes d’hommage, – solliciter l’avis des autorités compétentes (Mission Mémoire, Commission départementale de la Mémoire).
2. Identité de la victime
Émile Georges TETAZ Né le 30 janvier 1920 à Verrey-sous-Salmaise (Côte d’Or) Résidence : Morisel (Somme) Profession : garde voie Dossier SHD : AC 21 P 273757
3. Chronologie détaillée
– Arrêté par la gendarmerie de Moreuil pour un délit de droit commun. – Écroué à la prison d’Amiens (route d’Albert). – Relève de la justice française, non de l’autorité allemande.
– Maintenu à la prison d’Amiens en attente de jugement. – Registres confirmant sa présence continue.
– Jugé par le Tribunal correctionnel d’Amiens. – Peine : 15 ans de travaux forcés + 20 ans d’interdiction de séjour. – Aucun transfert vers une centrale en raison du chaos de l’été 1944.
– Les Allemands commencent à intervenir dans les prisons pour les vider avant la Libération.
– Sorti de la prison d’Amiens. – Remis à la Feldgendarmerie.
– Lieu utilisé pour interrogatoires, détentions secrètes, exécutions. – Aucune trace de sortie.
– Exécutions attestées : • fossés de la Citadelle, • Bois de Gentelles (19 identifiés + 3 inconnus). – Émile TETAZ disparaît dans cet intervalle. – Son frère Yves Henri TETAZ disparaît également.
Fixée par jugement déclaratif (1959).
4. Analyse historique
– Centre d’interrogatoire allemand. – Lieu d’exécutions sommaires dans les fossés. – Plusieurs disparitions civiles documentées.
– Exécutions massives les 29–30 août 1944. – 19 victimes identifiées, 3 non identifiées. – Hypothèse plausible pour Émile TETAZ.
– Extraction de détenus avant la Libération. – Exécutions sans jugement. – Disparitions civiles fréquentes dans la Somme.
5. Analyse juridique
La mémoire des victimes civiles relève du respect dû aux personnes.
La disparition d’Émile TETAZ est directement liée aux événements de guerre.Mémoire nationale
Les communes peuvent honorer les victimes civiles sans condition statutaire.
Un hommage ne peut dépendre : – ni d’un statut pénal antérieur, – ni d’une reconnaissance « Mort pour la France ».
6. Analyse morale et civique
-
Les victimes civiles de 1944 doivent être reconnues. – L’absence d’hommage entretient l’effacement imposé par l’occupant. – La commune est favorable : il s’agit d’un simple besoin d’accompagnement administratif.
Option A — Mention sur le monument aux morts
« Émile Georges TETAZ – Victime civile de 1944 »
À la mairie ou au monument.
8. Position de la commune de Morisel
Courrier du 22 avril 2026 :
« La commune ne voit pas d’inconvénient à cette reconnaissance. Nous attendions le retour de M. le Préfet. »
La commune est donc favorable.
9. Démarches déjà effectuées
-
ONaCVG : réponse hors sujet (statut « Mort pour la France »). – Préfecture : même réponse. – Mairie : favorable, en attente d’un cadrage.
Ma démarche ne concerne pas une reconnaissance statutaire, mais exclusivement la mise en place d’un hommage mémoriel local, sous la forme d’une mention sur le monument aux morts ou d’une plaque commémorative.
Aussi, je sollicite respectueusement votre avis et, le cas échéant, votre accompagnement afin de permettre à la commune de Morisel de procéder à cet hommage dans un cadre conforme aux pratiques mémorielles nationales.
Je reste naturellement à votre disposition pour tout renseignement complémentaire ou tout document utile.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée.
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