Courrier ministère des Armées et Commission départemantale de la Mémoire
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Commission départementale de la Mémoire
Préfecture de la Somme
51, rue de la République
80020 Amiens Cedex 9
N/Réf. :
V/Réf. :
Moreuil,
Objet : Demande d’avis et d’accompagnement pour un hommage mémoriel à Émile Georges TETAZ (1920–1944)
Madame, Monsieur,
Émile Georges TETAZ, né le 30 janvier 1920 à Verrey-sous-Salmaise (Côte d’Or) et domicilié à Morisel (Somme), garde voie, disparu entre le 23 et le 31 août 1944 après avoir été extrait de la prison d’Amiens par les autorités allemandes et transféré à la Citadelle d’Amiens. Sa disparition s’inscrit dans le contexte des exécutions sommaires commises par les forces d’occupation dans les fossés de la Citadelle et au Bois de Gentelles.
La commune de Morisel est favorable à un hommage mémoriel, comme l’indique son courrier du 22 avril 2026, mais attend un cadrage préfectoral. La Préfecture et l’ONaCVG ont répondu uniquement sur la question du statut « Mort pour la France », qui n’est pas demandé.
Le présent dossier vise à : – établir les faits historiques, – rappeler le cadre mémoriel applicable, – proposer des formes d’hommage, – solliciter l’avis des autorités compétentes (Mission Mémoire, Commission départementale de la Mémoire).
2. Identité de la victime
Émile Georges TETAZ Né le 30 janvier 1920 à Verrey-sous-Salmaise (Côte d’Or) Résidence : Morisel (Somme) Profession : garde voie Dossier SHD : AC 21 P 273757
3. Chronologie détaillée
– Arrêté par la gendarmerie de Moreuil pour un délit de droit commun. – Écroué à la prison d’Amiens (route d’Albert). – Relève de la justice française, non de l’autorité allemande.
– Maintenu à la prison d’Amiens en attente de jugement. – Registres confirmant sa présence continue.
– Jugé par le Tribunal correctionnel d’Amiens. – Peine : 15 ans de travaux forcés + 20 ans d’interdiction de séjour. – Aucun transfert vers une centrale en raison du chaos de l’été 1944.
– Les Allemands commencent à intervenir dans les prisons pour les vider avant la Libération.
– Sorti de la prison d’Amiens. – Remis à la Feldgendarmerie.
– Lieu utilisé pour interrogatoires, détentions secrètes, exécutions. – Aucune trace de sortie.
– Exécutions attestées : • fossés de la Citadelle, • Bois de Gentelles (19 identifiés + 3 inconnus). – Émile TETAZ disparaît dans cet intervalle. – Son frère Yves Henri TETAZ disparaît également.
Fixée par jugement déclaratif (1959).
4. Analyse historique
– Centre d’interrogatoire allemand. – Lieu d’exécutions sommaires dans les fossés. – Plusieurs disparitions civiles documentées.
– Exécutions massives les 29–30 août 1944. – 19 victimes identifiées, 3 non identifiées. – Hypothèse plausible pour Émile TETAZ.
– Extraction de détenus avant la Libération. – Exécutions sans jugement. – Disparitions civiles fréquentes dans la Somme.
5. Analyse juridique
La mémoire des victimes civiles relève du respect dû aux personnes.
La disparition d’Émile TETAZ est directement liée aux événements de guerre.Mémoire nationale
Les communes peuvent honorer les victimes civiles sans condition statutaire.
Un hommage ne peut dépendre : – ni d’un statut pénal antérieur, – ni d’une reconnaissance « Mort pour la France ».
6. Analyse morale et civique
-
Les victimes civiles de 1944 doivent être reconnues. – L’absence d’hommage entretient l’effacement imposé par l’occupant. – La commune est favorable : il s’agit d’un simple besoin d’accompagnement administratif.
Option A — Mention sur le monument aux morts
« Émile Georges TETAZ – Victime civile de 1944 »
À la mairie ou au monument.
8. Position de la commune de Morisel
Courrier du 22 avril 2026 :
« La commune ne voit pas d’inconvénient à cette reconnaissance. Nous attendions le retour de M. le Préfet. »
La commune est donc favorable.
9. Démarches déjà effectuées
-
ONaCVG : réponse hors sujet (statut « Mort pour la France »). – Préfecture : même réponse. – Mairie : favorable, en attente d’un cadrage.
Ma démarche ne concerne pas une reconnaissance statutaire, mais exclusivement la mise en place d’un hommage mémoriel local, sous la forme d’une mention sur le monument aux morts ou d’une plaque commémorative.
Aussi, je sollicite respectueusement votre avis et, le cas échéant, votre accompagnement afin de permettre à la commune de Morisel de procéder à cet hommage dans un cadre conforme aux pratiques mémorielles nationales.
Je reste naturellement à votre disposition pour tout renseignement complémentaire ou tout document utile.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée.