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les disparus de Morisel en 1944

Courrier ministère des Armées et Commission départemantale de la Mémoire

23 Avril 2026 , Rédigé par Christian Bochet

Commission départementale de la Mémoire

Préfecture de la Somme

51, rue de la République

80020 Amiens Cedex 9

 

N/Réf. :

V/Réf. :

Moreuil, 23/04/26

 

Objet : Demande d’avis et d’accompagnement pour un hommage mémoriel à Émile Georges TETAZ (1920–1944)

Madame, Monsieur,

Émile Georges TETAZ, né le 30 janvier 1920 à Verrey-sous-Salmaise (Côte d’Or) et domicilié à Morisel (Somme), garde voie, disparu entre le 23 et le 31 août 1944 après avoir été extrait de la prison d’Amiens par les autorités allemandes et transféré à la Citadelle d’Amiens. Sa disparition s’inscrit dans le contexte des exécutions sommaires commises par les forces d’occupation dans les fossés de la Citadelle et au Bois de Gentelles.

La commune de Morisel est favorable à un hommage mémoriel, comme l’indique son courrier du 22 avril 2026, mais attend un cadrage préfectoral. La Préfecture et l’ONaCVG ont répondu uniquement sur la question du statut « Mort pour la France », qui n’est pas demandé.

Le présent dossier vise à : – établir les faits historiques, – rappeler le cadre mémoriel applicable, – proposer des formes d’hommage, – solliciter l’avis des autorités compétentes (Mission Mémoire, Commission départementale de la Mémoire).

2. Identité de la victime

Émile Georges TETAZ Né le 30 janvier 1920 à Verrey-sous-Salmaise (Côte d’Or) Résidence : Morisel (Somme) Profession : garde voie Dossier SHD : AC 21 P 273757

3. Chronologie détaillée

26 février 1944 — Arrestation

Arrêté par la gendarmerie de Moreuil pour un délit de droit commun. – Écroué à la prison d’Amiens (route d’Albert). – Relève de la justice française, non de l’autorité allemande.

26 février – 29 juillet 1944 — Détention préventive

Maintenu à la prison d’Amiens en attente de jugement. – Registres confirmant sa présence continue.

29 juillet 1944 — Condamnation

Jugé par le Tribunal correctionnel d’Amiens. – Peine : 15 ans de travaux forcés + 20 ans d’interdiction de séjour. – Aucun transfert vers une centrale en raison du chaos de l’été 1944.

29 juillet – 22 août 1944 — Maintien en détention

Les Allemands commencent à intervenir dans les prisons pour les vider avant la Libération.

22 août 1944 — Extraction par les Allemands

Sorti de la prison d’Amiens. – Remis à la Feldgendarmerie.

23 août 1944 — Transfert à la Citadelle d’Amiens

Lieu utilisé pour interrogatoires, détentions secrètes, exécutions. – Aucune trace de sortie.

23–31 août 1944 — Disparition

Exécutions attestées : • fossés de la Citadelle, • Bois de Gentelles (19 identifiés + 3 inconnus). – Émile TETAZ disparaît dans cet intervalle. – Son frère Yves Henri TETAZ disparaît également.

31 août 1944 — Date légale de décès

Fixée par jugement déclaratif (1959).

4. Analyse historique

La Citadelle d’Amiens en août 1944

Centre d’interrogatoire allemand. – Lieu d’exécutions sommaires dans les fossés. – Plusieurs disparitions civiles documentées.

Le Bois de Gentelles

Exécutions massives les 29–30 août 1944. – 19 victimes identifiées, 3 non identifiées. – Hypothèse plausible pour Émile TETAZ.

Pratique allemande de “vidage” des prisons

Extraction de détenus avant la Libération. – Exécutions sans jugement. – Disparitions civiles fréquentes dans la Somme.

5. Analyse juridique

Dignité humaine (principe fondamental)

La mémoire des victimes civiles relève du respect dû aux personnes.

Vérité historique

La disparition d’Émile TETAZ est directement liée aux événements de guerre.Mémoire nationale

Les communes peuvent honorer les victimes civiles sans condition statutaire.

Non-discrimination

Un hommage ne peut dépendre : – ni d’un statut pénal antérieur, – ni d’une reconnaissance « Mort pour la France ».

6. Analyse morale et civique

  • Les victimes civiles de 1944 doivent être reconnues. – L’absence d’hommage entretient l’effacement imposé par l’occupant. – La commune est favorable : il s’agit d’un simple besoin d’accompagnement administratif.

Option A — Mention sur le monument aux morts

« Émile Georges TETAZ – Victime civile de 1944 »

Option B — Plaque commémorative

À la mairie ou au monument.

Option C — Mention lors des cérémonies du 8 mai

8. Position de la commune de Morisel

Courrier du 22 avril 2026 :

« La commune ne voit pas d’inconvénient à cette reconnaissance. Nous attendions le retour de M. le Préfet. »

La commune est donc favorable.

9. Démarches déjà effectuées

  • ONaCVG : réponse hors sujet (statut « Mort pour la France »). – Préfecture : même réponse. – Mairie : favorable, en attente d’un cadrage.

Ma démarche ne concerne pas une reconnaissance statutaire, mais exclusivement la mise en place d’un hommage mémoriel local, sous la forme d’une mention sur le monument aux morts ou d’une plaque commémorative.

Aussi, je sollicite respectueusement votre avis et, le cas échéant, votre accompagnement afin de permettre à la commune de Morisel de procéder à cet hommage dans un cadre conforme aux pratiques mémorielles nationales.

Je reste naturellement à votre disposition pour tout renseignement complémentaire ou tout document utile.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée.


 

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